restaurations

La restauration de livres anciens est une discipline à part entière, bien différente de la reliure. Le travail du restaurateur vise à redonner à chaque élément constituant le livre (cuir, parchemin, papier, carton...) la solidité qui va permettre de consulter à nouveau l'ouvrage sans risquer de le détériorer davantage. Il rend également au livre son aspect ancien comme s'il avait été conservé dans les meilleures conditions depuis sa fabrication.

La profession est régie par un cahier des charges établi par la Bibliothèque nationale de France. La déontologie du métier de restaurateur en découle :

  • Tous les travaux doivent être réversibles ; ils doivent pouvoir, au besoin, être ôtés par un restaurateur sans endommager l'ouvrage.
  • Les matériaux utilisés doivent être non agressifs pour la matière ancienne, de pH neutre et stables dans le temps.
  • Ces matériaux doivent être compatibles avec les matériaux originaux du livre. Le cuir est restauré avec du cuir, le papier avec du papier de même composition.
  • Le restaurateur se doit de respecter et de réutiliser les techniques anciennes ayant servi à la conception de l'ouvrage.
  • Dans le cas où il rencontre une structure qui n'a pas encore été codifiée (inconnue pour l'instant), le restaurateur préfèrera ne pas intervenir tant qu'une étude approfondie du livre n'a pas été menée. On peut toutefois proposer des gestes de conservation ainsi que la fabrication de boîtes appropriées pour maintenir l'ouvrage dans les meilleures conditions. La conception d'un pastiche du livre ancien peut également être envisagée.

Une fois la restauration des matériaux anciens effectuée, les greffes sont estompées de manière à redonner son atmosphère originelle au livre et ne pas attirer le regard. De même, il est recommandé de ne pas effectuer la reprise du décor ancien. Il est difficile de restituer certains ornements fidèles à ceux d'origine puisqu'on ne dispose quasiment plus des fers à dorer anciens. On se contentera donc de restructurer le décor grâce à la retouche de filets à froid et de filets dorés.

Le restaurateur est amené à travailler de multiples matériaux en fonction de l'époque de fabrication du livre qui lui est confié :

  • Le XXème siècle tend plutôt à la construction d'ouvrages en papier, carton et toile dont la Bande-Dessinée et les livres brochés.
  • Au XIXème siècle, c'est la variété qui prime, de la toile pour les cartonnages d'éditeur, du papier et carton gaufré pour les cartonnages romantiques, et des reliures plein ou demi-cuir très sophistiquées. C'est l'apogée de la dorure, sur la couvrure mais également sur les tranches.
  • Pour les siècles précédents on trouve quasi-exclusivement du cuir pour la reliure des ouvrages, décorés à la feuille d'or et plus anciennement d'impressions à chaud ou à froid, réalisées directement sur le cuir à l'aide de filets ou de plaques.

Chaque livre relié artisanalement est construit selon un schéma pratiquement unique (même dans le cas où un concept d'entreprise de relieurs est identifié), d'où la difficulté mais aussi l'aspect passionnant de l'activité du restaurateur. Une large part du travail consiste en une observation minutieuse, presque scientifique, de l'objet au départ, ce qui amène à une restauration aussi fidèle que possible, à rendre son atmosphère d'origine au livre ancien.

reliure plein maroquinXVIIIème siècle

avant restauration

après restauration

reliure pleine basaneXVIIIème siècle
reliure plein veauXVIIIème siècle



restauration en cours



après restauration

reliure janséniste plein maroquinXVIIIème siècle

avant restauration

après restauration

reliure plein veauXVIIIème siècle